Je
suis parti au Mali en 1986, faire un documentaire sur la réinsertion
sociale des lépreux, pour le compte de la Fondation
Raoul FOLLEREAU. C'est peu dire que c'est une expérience forte.
D'abord la connaissance qui permet de dépasser et vaincre ses peurs... C'est très simple de serrer la main d'un lépreux, mais c'est très
compliqué si l'on se réfère à tout ce que l'on nous a raconté dans
les livres, les histoires à faire peur. C'est compliqué et grave. La
fondation Follereau fait un vrai travail de terrain, et si les problèmes
de guérison sont maintenant maîtrisés, il reste tout de même à faire
des progrès pour le dépistage.
J'ai choisi ces
deux photos pour des raisons presque contradictoires. Le portrait, à
gauche, pour la
dignité, le regard et bien sûr les mains... La photo de droite,
les mains bien sûr et
précisément l'absence de regard, de visage : le message est clair et c'est sans
compromis. J'aime les deux... avec peut-être un penchant pour la
deuxième.